La Chanson Lumineuse

Il a une vie pépère, il règne sur son coin de rue.
On lui a mis le pied en terre et les chiens pissent dessus.
Mais ça ce vieux Herbert, ça lui passe par-dessus.
Il reçoit de ses frères le respect qui lui est dû.
Le jour où on l'a planté c'était pas vraiment une lumière.
Depuis il en a vu passer, il peut se permettre de faire le fier.
Il faut dire que ce gars là c'est le caïd du quartier.
C'est le seul qui se la coule pas, tous les soirs c'est le premier levé.

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Il a vu passer les pressés et ceux qui n'ont rien à faire.
Il a laissé les fatigué s'appuyer sur son fer.
Il a laissé s'amuser les mômes qui lui jeter des pierres.
Sans cesser d'éclairer bienveillant comme un père

Faut dire que ça lui plaît bien ces petites bêtes qui s'affaire.
Ça s'appelle être humain et ça fait pas de lumière.
Deux jambes sous un bassin et deux bras pour rien faire.
Ça gigote les mains et ça brasse de l'air.
C'est pour eux que le vieux gars né à l'époque du gaz.
Donne vraiment tout ce qu'il a sans que personne ne sache son blaze.
Malgré de vieilles artères et des vieux boulons il brille,
À s'en faire péter le verre, sans attendre la quille.

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Et c'est comme ça qu un soir, dans l'exercice de ses fonctions,
Pauvre vieux, rattrapé par le noir, il a foiré l'électrocution.
Ah ça! Personne s'y attendait, il était encore bien gaillard.
Tous les soirs il trimait, c'était le dernier au plumard
Il s'est juste écrié: putain ma lampe adhère!
Et puis il a grillé sous les yeux de ses frères,
Tous perdus effrayés, ne voyant pas de lumière
Venir du coin où bossait le pauvre vieux Herbert

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